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Final

FREN 251 Study Guide - Final Guide: Le Monde, Jean-Paul Sartre, Bruit


Department
French
Course Code
FREN 251
Professor
Arnaud Bernadet
Study Guide
Final

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Littérature française depuis 1800 Abir Samih
FREN 251 260701812
Travail Final
(L’oeuvre Beckettienne en opposition ou en complémentarité
à l'engagement philo-politique de Sartre)
Prof. Alain Farah
McGill Faculty of Arts
Département de langue et littérature françaises
Mardi 18 avril 2017
L’oeuvre Beckettienne en opposition ou en complémentarité à
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l'engagement philo-politique de Sartre
Lorsque nous vient à l’esprit la notion d’intellectualisme engagé, il y a comme un réflexe qui
s’enclenche pour tout de suite désigner Sartre comme la figure par excellence pour représenter ce
mouvement. Un écrivain, philosophe ou écrivain-philosophe, tel qu’il se présentait, se doit de
prendre part à l’Histoire, d’être en rapport avec son époque. L’engagement, selon la doctrine
sartrienne, n’est pas simplement une affaire politique. Le choix et la responsabilité que nous
impose notre liberté absolue, sont à la source même de notre existence et la constituent. Nous ne
sommes qu’en nous choisissant et en nous faisant, bref, en existant. Notre liberté (sans Dieu)
devient alors le seul absolu apte à définir notre être. Puis d’un autre côté nous avons Beckett à
qui on colle le théâtre de l’absurde, en réduisant son oeuvre au minimalisme, à l’abstraction et à
l’austérité.
On sous-entend de la pensée de Sartre que l’absence de spiritualité, notamment la croyance et la
prédestination, fait place à une liberté totalitaire. Et ce serait précisément cette liberté, vue
comme une condamnation, qui rendrait l’existence si absurde. C’est à cette absurdité que je veux
en venir. La dramaturgie de Sartre mise en directe opposition à la théâtralité de Beckett, est
présentée comme le modèle de la participation de la littérature au politique. En effet, la
responsabilité de l’écrivain est ce qui donne du sens à son écriture. Mais n’est-ce pas faire de
l’engagement littéraire une convention ? Une série de normes à respecter pour se conformer au
modèle ultime de l’engagement ? Le caractère absurde d’un écrit le disqualifierait
automatiquement de la littérature contestataire ? Ne pas remplir les régularités de la vision de
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Sartre ne voue pas une oeuvre au désengagement. Fin de Partie déroge certainement à la
doctrine sartrienne sur quelques aspects, mais peut parfaitement être qualifiée d’oeuvre engagée.
Engagement revendiqué de Sartre en opposition à l’engagement émancipé de Beckett
Il est essentiel de saisir l’engagement sartrien comme un état de fait acquis, inhérent à la
condition humaine. La condamnation de notre liberté équivaut à la condamnation de notre
engagement. Il n’est pas volontaire, il est préexistant, qu’on le veuille ou pas. Les bases de son
existentialisme sont posées sur cette conception même. Aucun individu ne peut prétendre à la
neutralité, après tout, même refuser de choisir implique forcément un choix, car c’est choisir de
ne pas choisir. Simplement, pour Sartre, on ne peut pas ne pas être engagé. À ce niveau-là, je
n’ai pas de quoi m’offenser. Ce qui pose problème, c’est l’exclusivité qu’il va accoler au concept
d'engagement, la manière dont il va le sacraliser, jusqu’à rejeter toute tendance déviatrice. Sartre
n’est ici évidemment pas le principal coupable à blâmer. Il y a tout un système sociétal qui
cautionne la tyrannie des conventions et de l’exigence éthique.
Ne serait-ce que par honnêteté intellectuelle, littéraire et philosophique, il faut redonner à
Beckett ce qui lui appartient, lui rendre justice en lui accordant le titre de tenant d’une radicale
force morale. N’y a-t-il pas plus lourde tâche que de mettre le monde face à ses démons, sans
jamais recourir à la signification, aux conventions du langage et à la formalité ? C’est pour cette
raison que je refuse fermement de souscrire à une narration qui condamne l’art de Beckett à une
autarcie absolue. Fin de Partie est un récit bien plus moralisateur qu’il ne tend à laisser à croire,
précisément car il ne se réclame pas d’une mission moralisatrice. Il se défait de cette obsession à
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